mercredi 15 août 2012

"Opale" de Stéphane Lefebvre


J'avoue tout de suite : j'ai adoré. Deux fois même, à 2 ans d'intervalle. Ce premier (et unique) roman de Stéphane Lefebvre est un pur moment de bonheur.

L'intrigue se déroule à Boulogne-sur-Mer et ses alentours (la Côte d'Opale), car oui, il s'agit d'un polar. Le suicide d'un laborantin sous l'objectif de Robin Mésange (journaliste à L'Eclair boulonnais, hebdo local) puis celui d'un professeur du même lycée poussent le journaliste à enquêter, parallèlement à la police. Perspicace et opiniâtre, ses découvertes vont le mener au coeur d'une affaire sordide.

On s'identifie tout d'abord très facilement à ce narrateur, Robin, si proche, humain et naturel. Ensuite, on est immédiatement plongé dans l'intrigue puisque le premier suicidé chute après moins de dix pages. Celle-ci est bien rythmée, regorgeant de fausses pistes et de rebondissements. Mais surtout, il y a cet humour omniprésent, à commencer par les multiples références 80's hilarantes et toujours bien placées, mais également par les pensées furtives du narrateur, en italique dans le texte, procédé qui est certainement la source de cette proximité avec Robin. Son plan drague et les "films" qu'il se fait sont également source de rires (notamment sous la douche, §20).

De même, les personnages secondaires ne sont pas de simples faire-valoir. Au travers du point de vue de Robin, ils deviennent nos intimes. Comme lui, on les aime ou on aime les détester (tel le prof de philo qu'il nomme toujours par le nom d'un philosophe différent). Jib, le rédacteur en chef, est certainement le personnage le plus intéressant dans sa relation avec Robin, empreinte de complicité et de respect. Même des personnages que le narrateur ne fait que croiser, Stéphane Lefebvre parvient systématiquement à en tirer une description qui fait mouche. Tous ces points positifs balaient d'un revers de main les petits travers du roman.

Le talent de Stéphane Lefebvre tient également dans ce sublime dernier chapitre d'une très grande finesse, à la fois drôle et touchant, et miroir des toutes premières pages du roman. Le héros redevient lui même, sensible, meurtri. Magnifique.

A lire de toute urgence !

mercredi 18 avril 2012

Champions League, demi-finale : Bayern Münich - Real Madrid 2-1

On parle d'une affiche sacrément alléchante. Cette saison, à part les matches de Lyon, je n'ai pas regardé grand-chose en direct. Deux ou trois autres rencontres à tout casser. Mais là, franchement, ça avait de la gueule parce que le Bayern à domicile en Champions League, c'est du lourd. Et le Real, ben c'est dans le Top 3 mondial. D'un côté comme de l'autre, y a de l'international à n'en plus finir, jusqu'au bout du banc, en même dans les tribunes. Bayern-Real, c'est un classique qui ne revient pas trop souvent, c'est la confrontation entre deux géants d'Europe, un sommet.

Dans les commentaires d'avant-match, le Real semblait vouloir limiter les dégâts, se contenter d'un nul si possible et surtout, garder de la fraicheur pour le Clasico de ce week-end. Le Bayern, c'est tout l'inverse. Les Bavarois ont tout misé sur la Champions League, balançant le championnat le week-end passé en concédant le nul à domicile face à Mayence en faisant largement tourner l'effectif.

Au coup de sifflet initial, tout le monde est sur le pont. Dès les premières minutes, le Real presse très haut et gêne considérablement la relance des Bavarois. Dans les rangs du Bayern, Ribery semble chaud comme une baraque à frites. Ses prises de balle sont franches et il joue parfaitement son rôle de détonateur de l'attaque allemande, mettant immédiatement Arbeloa sous pression. Les Madrilènes semblent prendre un léger ascendant marqué par une belle frappe de Benzema claquée par Neuer (15e). Néanmoins, sur l'attaque suivante, le Bayern obtient un corner sur lequel Ribery ouvre la marque (17e). Un but tôt dans la rencontre, on ne pouvait rêver mieux. Le Real ne panique absolument pas et réagit par Cristiano Ronaldo dont le frappe s'envole (21e).

Le match est équilibré et le niveau technique est très élevé. Les deux milieux de terrain sont très denses et les deux équipes misent sur des récupérations au centre du terrain pour développer des attaques. Le trio Gustavo-Schweini-Kroos n'est pas des plus rapides et Di Maria, très remuant, perce à plusieurs reprises plein axe. Özil est trop excentré pour agir sur le jeu et assez malheureux en première mi-temps. Grosse intensité donc, mais les occasions se font rares : un shoot de Schweinsteiger à côté (27e), un autre de CR7 au-dessus (29e). A cinq minutes du repose, Gomez met Casillas à contribution (40e).

La seconde période débute sur le même rythme et la même intensité. Il faut attendre la 52e minute pour voir la première occasion avec une frappe de Robben au-dessus. Puis, sur un corner du Bayern, Khedira lance une contre-attaque très rapide poursuivie par Di Maria et Benzema. Si Cristiano Ronaldo échoue lamentablement sur Neuer, ce n'est que partie remise puisque Benzema peut profiter de la passivité de la défense du Bayern pour servir à nouveau le Portugais qui remet sur Özil seul devant le but : 1-1 (53e) !

Dès lors, le Real va se contenter de gérer. Alors que le Bayern fait entrer Müller pour Schweinsteiger (60e), Mourinho fait sortir Özil pour faire entrer le détestable Marcelo (69e). Dans la minute qui suit, Gomez se précipite et vise les étoiles à trois mètres des buts. L'attaquant bavarois ne s'en laisse pas compter : sur un centre de Lahm, sa tête passe au-dessus (72e). Le Bayern pousse, veut marquer. Ribery se démène, tente un sombrero dans la surface sur Ramos (82e). La menace se précise à la 84e avec un nouveau centre de Lahm pour Gomez : Casillas capte la tête du buteur du Bayern. Le danger est là et Coentrao prend le bouillon face à Lahm : une fois de trop car la troisième tentative est la bonne. Gomez reprend du genou un centre au ras du sol de son coéquipier. 2-1, l'Allianz Arena explose (91e).

La victoire est revenue à l'équipe qui l'a le plus voulue et si Mourinho semble se contenter de ce résultat, le Real devra vraiment briller pour sortir les Munichois. Ceux-ci veulent la finale qui aura lieu dans leur stade. L'expérience du club, cette capacité à se sublimer en Coupe d'Europe, la qualité de l'effectif sont des atouts importants pour le Bayern. La rapidité du duo Ribery-Robben pourrait faire très mal en contre au Real au retour. Pour le Real, certains joueurs n'ont clairement pas été à leur niveau habituel, à commencer par un Cristiano Ronaldo assez décevant. Il faudra être très bon pour venir à bout de la détermination de ce Bayern-là.

Les notes :
NEUER 6
LAHM 6.5
BOATENG 5.5
BADSTUBER 6
ABALA 6.5
L.GUSTAVO 5
SCHWEINSTEIGER 5.5
KROOS 6.5
RIBERY 7.5
ROBBEN 5.5
GOMEZ 6.5

CASILLAS 6
ARBELOA 5.5
PEPE 6
S.RAMOS 5.5
COENTRAO 5
KHEDIRA 6.5
X.ALONSO 6
DI MARIA 7
ÖZIL 6.5
CRISTIANO RONALDO 5.5
BENZEMA 6.5

vendredi 17 février 2012

"La patrouille de l'aube" de Don Winslow

Ça y est, je n'ai pas aimé un roman de Don Winslow ! Il fallait bien que ça arrive. Oui, cette "Patrouille de l'aube" m'a laissé de marbre.

Boone Daniels est un ex-flic reconverti en détective privé à temps très partiel, car sa passion, c'est le surf et la patrouille, c'est ses amis surfeurs. Alors qu'arrive la vague du siècle (genre Point Break), Boone doit enquêter sur la mort d'une prostituée. Ses amis vont tous être mêlés à l'histoire, à un moment ou à un autre.

Pourquoi je n'ai pas adhéré à ce bouquin ? Parce qu'il ne va pas à l'essentiel, contrairement aux autres romans de Don Winslow. Ici, l'auteur pousse la description à l'extrême sans que cela n'apporte quelque chose d'intéressant à l'intrigue. Une sorte de Guide du Routard de Pacific Beach, avec sa géographie, son histoire, son mélange de culture, ses traditions, etc. Il en va de même pour les personnages du roman, dont on peint la vie, le caractère et le passé souvent tumultueux sauvé par le surf. Dans le genre amateur de surf, on est à des années-lumière de L'hiver de Frankie Machine, sorti deux ans auparavant où chaque flash-back jetait une lumière importante sur le cours de l'intrique.

Toujours est-il que selon moi, le détail de ces portraits se fait malheureusement au détriment d'une intrigue policière intéressante et bien pensée, celle-la même qui, dans les ouvrages précédent de Winslow, avait gommé les quelques facilités que s'étaient accordées l'auteur. Là, les ficelles sont trop grosses, mais surtout, inutiles.

Bref, mon quatrième Winslow se classe tout droit à la quatrième place de ses romans, mais cela ne m'empêchera nullement de continuer à le lire.

lundi 9 janvier 2012

Football Manager

Je lis moins. Parce que la nouvelle mouture de Football Manager est sortie et que cette année, elle me plait. Football Manager, mais qu'est-ce donc ? Un grand, un énorme jeu de management d'une équipe de football qui existe depuis une quinzaine d'années. J'ai mis le doigt dedans en 2000 avec l'édition 2000/2001 du jeu qui se nommait alors "L’Entraineur". J'ai longuement joué avec cette édition du jeu, sans acheter les nouvelles versions que se succèdent chaque année.

Après une période d'abstinence, j'ai replongé en 2005, lorsque Sports Interactive, le développeur du jeu, est racheté par Sega. Le jeu prend alors le nom de "Football Manager". J'ai joué aux éditions 2007, 2010 et, aujourd'hui, 2012. La passion est le maitre mot de ce jeu. Élaborer des tactiques, gérer un effectif, les finances, effectuer des transferts, faire progresser les joueurs, remporter des titres. Mais aussi démissionner, changer de club, devenir sélectionneur d'une équipe nationale, se faire virer parfois. Entrainer le Real Madrid, le Milan AC ou entrainer le SC Bümpliz ou Politecnica Timisoara. Tout est possible dans Football Manager. Le gros point fort de ce jeu est sa gigantesque base de données avec des dizaines de milliers de (vrais) joueurs. Ce qui est agréable également, c'est la possibilité de personnaliser le jeu grâce aux mises à jour et aux packs disponibles sur les forums. Les différents maillots et les logos des équipes, les logos des compétitions, les photos des joueurs, des fonds d'écran de couleurs différentes, etc.

Que de souvenirs avec ce jeu, notamment avec l'édition 2007 et une épopée formidable avec le Werder Brême ponctuée de 6 titres de Bundesliga, des Coupes et deux Champions League. Et dire que j'avais débuté le jeu en tant qu'entraîneur de Clermont-Foot Auvergne 63, néo-promu le Ligue 2 française ! Une autre partie où la tactique que j'employais réussissait à merveilles avec les équipes nationales : j'avais ainsi remporté la Gold Cup avec les Etats-Unis, la Copa America avec l'Uruguay, la Coupe d'Afrique des Nations avec le Sénégal et l'Euro avec... l'Autriche ! Cette année, j'ai choisi la facilité pour commencer puisque j'ai pris les rennes du FC Bayern Münich.

Quand bien même on est fan de football, ce jeu peut ne pas plaire puisque les matches sont simulés et non joués, comme sur Fifa ou Pro Evolution Soccer. Il ne s'agit que de management, de gestion de club. Ajoutons aussi que c'est un jeu qui prend beaucoup de temps. Mais bon, lorsqu'on est passionné (et que les enfants sont couchés !), on ne compte pas le temps passé devant le jeu. C'est seulement lorsque l'on tombe sur notre "durée de jeu" qu'on peut prendre un peu peur :-)

samedi 17 décembre 2011

Jane's Addiction - "Nothing's Shocking" / "Ritual de lo Habitual"

Si Jane's Addiction n'est un groupe méconnu, il n'a néanmoins pas eu le succès qu'il méritait, notamment en Europe. Fondé au milieu des années 80 par Perry Farrell, ce groupe est l'une des sources d'influence les plus importantes et les plus souvent citées des groupes actuels, à commencer par les Red Hot Chili Peppers.

Jane's Addiction est un mélange explosif, une alchimie rare entre quatre artistes, talentueux et surdoués. Ce groupe a le don d'allier diverses influences, d'y mettre sa patte, toujours avec un son et une rythmique énorme, et d'être identifiable parmi mille autres. Des ambiances psychédéliques parfois, une guitare agitée et un basse batterie groovy, un chant et une voix immédiatement reconnaissable, un côté pop sans l'être vraiment, des petites touches "70's", une fusion idéalement composée. Autour du charismatique et extravagant Perry Farrell, le groupe va sortir deux albums monstrueux à deux années d’intervalle. Deux bombes dans l'univers musical rock américain, deux albums d'une créativité inouïe et d'où s'échappent une énergie et une virtuosité formidables, laissant l'auditeur hébété de jouissance au terme de l'écoute.

Groupe de scène, Jane's Addiction devient entre 1985 et 1986 la sensation musicale de Los Angeles et sort en 1987 un premier album... live ! Il faut attendre encore 6 mois pour que sorte l'énorme "Nothing's Shocking" dont l’introductif "Up the beach" dessine en trois minutes le terrain de jeu des Californiens : l'intro de basse d'Eric Avery, les envolées magnifiques du guitariste Dave Navarro, la batterie puissante de Stephan Perkins et le chant haut perché de Perry Farrell. Le clou est enfoncé dès le second titre, l'explosif "Ocean size". Ce single déboule dans les oreilles sans crier gare. Puissant, agressif, violent, rageux, prétentieux à souhait, ce titre est l'ouverture idéal d'un album génial.

"Had a Dad" s'enchaîne en pétaradant, rythmés par la batterie omniprésente de Perkins. Les fréquents changements de rythme de la chanson la rende incroyablement vivante. Impossible de ne pas prendre un pied formidable en écoutant un titre aussi radical. Vient ensuite l'étrange "Ted just admit it...". Un titre long (plus de 7 minutes), moins rapide, au riff de basse entêtant et imparable. Contenu dans ses premières minutes, "Ted..." explose après 2:50 puis nous entraine dans un tourbillon psychédélique qui se termine dans la folie la plus totale. Jouissif. "Standing in the shower... Thinking" est une chanson que n'aurait pas reniée les Red Hot Chili Peppers par son côté funk, moins marqué chez Jane's Addiction. Si elle s'écoute sans déplaisir, elle n'est pas l'une des pièces majeures de l'album.

Ce dernier prend un tour plus planant avec l'arrivée de "Summertime rolls", qui débute minimaliste. Lent, enivrant, le titre s'étire en longueur, gagnant en puissance au fil des minutes pour finir sur la ligne de basse initiale. Avec le puissant "Mountain song", on retrouve un Jane's Addiction nerveux et aérien. Farrell scande les paroles de la chanson plus qu'il ne les chante. Ce titre est clairement l'un des meilleurs singles de l'album. "Idiots rule" m'est toujours apparu comme une idéale chanson de fin d'album. Le titre le plus funky de l'album derrière lequel on entend une trompette tenue par... Flea, le bassiste des Red Hot !

Le titre phare du CD est néanmoins "Jane says", l'une des chanson les plus connues du groupe. Navarro est passé à l'acoustique et donne le rythme. A titre personnel, "Jane says" ne fait pas partie des mes préférées des chansons du groupe, ni de l'album. Les goûts et les couleurs... Après l'inutile "Thank you boys" (à quoi sert donc cette minute ?) déboule l'excellent "Pig's in zen" qui clôt l'album de fort belle manière avec notamment un Dave Navarro particulièrement inspiré dans ses solos.

Avec cet album, Jane's Addiction frappe un grand coup. Mais c'est avec le temps que l'on remarque la qualité de "Nothing's shocking". Il n'a pas pris une ride et aujourd'hui encore plus qu'hier, on se rend compte du talent de Jane's Addiction, probablement le dernier groupe à avoir érigé l'adage "sex, drugs & rock n'roll" en art de vivre. Intemporel, "Nothing's shocking" est l'un des tout meilleurs albums rock que j'ai entendu.

Pour Jane's Addiction, néanmoins, le plus dur restait à faire : confirmer. Mais sur leur lancée, Farrell et sa bande allait tout renverser sur leur passage avec le grandiose "Ritual de lo Habitual".

A la fin de l'été 1990, quelques mots d'espagnol lançaient le surexcitant et surexcité "Stop!", premier single et titre d'ouverture de l'album. Une incroyable énergie se dégage de cette chanson, dont l'intensité dépasse la plupart des titres de "Nothing's shocking". "No one's leaving" ne gâte en rien le plaisir de l'auditeur et s'enchainent naturellement dans un style plus funky mais tout aussi rentre dedans que "Stop!".

"Ain't no right" débute par 45 secondes qui font penser à "Ted just admit it...", mais c'est un leurre. La basse tue à nouveau et nous entraine dans une débauche oppressante aux percussions tribales. Flippant à souhait. "Obvious" se veut moins stressant, plus aérien, comme si l'on était passé des bas fonds d'une ville ("Ain't no right") à une balade dans les montagnes ! N'en demeure pas moins que le titre déborde lui aussi d'énergie. Le single de cet album s'appelle "Been caught stealing". Comme "Jane says", c'est le titre le plus aborable, le plus "pop" et le moins agressif depuis le début de l'album. Et comme "Jane says", de loin pas mon préféré.

Débute alors la seconde partie de "Ritual". Celle que les membres de Jane's Addiction ont voulu comme un hommage à une amie de Perry Farrell, décédée d'une overdose d’héroïne. A titre personnel, je pense que "Three days" est l'un des meilleurs titre rock de l'histoire. Certainement le meilleur des 90's. A la fois lyrique et psychédélique, cette chanson est d'une beauté incroyable, où la fantastique créativité du groupe est développée à l'extrême, notamment les solos de Navarro qui sont tout bonnement hallucinants.

Le bonheur, c'est que "Then she did..." est fait du même bois et prolonge l'intense plaisir de l'écoute. Un groupe de cordes apporte un son mélancolique à ce titre qui pourrait être la petite soeur "soft" de "Three days". De cordes, violon tzigane cette fois, il est encore question dans "Of course", chanson aussi sûrement californienne que Farrell était clean. L'album s'achève sur une "Classic girl" splendide et romantique.

"Ritual de lo Habitual" est un album ultime, à la fois parce qu'il est probablement le meilleur des 90's aux côtés du "Nevermind" de Nirvana et de "Ten" de Pearl Jam. Mais aussi parce qu'il marque une première fin pour Jane's Addiction qui se sépare à l'issue de la tournée qui suit l'album. Comme pour "Nothing's Shocking", c'est l'ambition et l'avant-gardisme de "Ritual" qui étonne aujourd'hui. On pourrait croire que cet album est très récent. Il a pourtant plus de vingt ans. Quand à savoir lequel des deux est le meilleur, je pense que chaque fan de Jane's Addiction a sa préférence pour l'un ou l'autre. Personnellement, j'ai toujours eu un faible pour "Ritual", notamment à cause du monumental "Three days".

Jane's Addiciton se reformera une première fois en 1997 pour une tournée, mais sans le bassiste Eric Avery, remplacé par Flea des Red Hot. En 2003, le groupe se retrouve à nouveau sans Avery et sort un nouvel album "Strays" qui sera bien accueilli par les critiques avant de... splitter une nouvelle fois. Les membres préfèrent en effet se séparer plutôt que de tourner sans plaisir. Respect.

En 2008, Perry Farrell, Dave Navarro, Stephen Perkins et Eric Avery se retrouvent ensemble sur scène pour quelques concerts pour la première fois depuis 1991 puis partent en tournée avec Nine Inch Nails à l'été 2009. Pourtant, après une série de concerts en Australie début 2010, Eric Avery quitte (définitivement ?) le groupe. Chris Chaney, bassiste sur "Strays", reprend sur service en tournée et sur "The Great Escape Artist", album sorti en 2011 (le 4e seulement, en 26 ans d'existence du groupe !!), dans lequel on retrouve par moments la beauté et l'intensité des deux albums cultes du groupe, notamment sur "Underground", "End of the lies" ou "Irresistable force".

jeudi 8 décembre 2011

"Fatherland" de Robert Harris

J'aime l'histoire contemporaine, j'aime les romans policiers. Avec "Fatherland", j'ai été servi. Et j'ai même appris un mot, uchronie, qui se dit d'un roman qui modifie un évènement historique et ses conséquences. En l'occurrence, dans "Fatherland", l'Allemagne nazi a gagné la Deuxième Guerre mondiale et règne sans partage sur une Europe soumise.

En 1963, les Etats-Unis et l'Allemagne réchauffent leurs relations diplomatiques et Kennedy (Joseph, père de John) doit se rendre en visite officielle à Berlin. L’Allemagne piétine sur son front est, victime du terrorisme de partisans russes financés et armés par... les Etats-Unis. Parallèlement, un inspecteur de la police criminelle, Xavier March, tente d'enquêter sur le meurtre d'un ancien haut dignitaire nazi. Mais la Gestapo lui met des bâtons dans les roues et fait son maximum pour saboter l'enquête. Opiniâtre, March se lance à corps perdu dans la recherche de preuves aidé par une journaliste américaine.

Robert Harris nous entraîne dans le quotidien de la vie berlinoise après 30 années de nazisme, mélange de suspicion et de terreur, l'omniprésence d'Hitler, la propagande et ses mensonges, et la lassitude qui gagne certains, dont Xavier March, qui se sent de plus en plus mal dans son costume SS noir. Plusieurs personnages importants du roman sont des personnages réelles auxquels Harris a modifié voir "prolongé" la vie après 1942. Le romancier s'appuie également sur plusieurs documents, memorandums et faits historiques authentiques (Conférence de Wannsee notamment) et cela rend l'intrigue plus intense encore.

J'ai été vraiment séduit par ce roman qui peint un Berlin réaliste, effrayant et monumental imaginé par Albert Speer, l'architecte du régime nazi. C'est l'une des forces de ce roman où la ville apparait comme un personnage à part entière. L'intrigue politique est bien ficelée entre intimidation, violence et trahison. March est un personnage humain dont le mal-être social devient dangereux sous le nazisme. Je ne peux donc que recommander la lecture de cet excellent roman.

mercredi 23 novembre 2011

Mal de dos, lombaires, lactose et autres contrariétés

Une fois n'est pas coutume, je vais parler de moi. Et si mon expérience peut aider quelqu'un...

En 2007, je me suis fait opérer d'une hernie discale lombaire (L4-L5). J'avais des pertes de sensibilité dans le pied droit. Après l'opération et la rééducation, je dirais que j'ai retrouvé toute la sensibilité du pied droit. La seule séquelle notoire est une contraction passagère du muscle externe qui se trouve le long du tibia droit. J'ai une crampe à cet endroit dès que je suis un peu déshydraté.

Mais à cette même période, j'ai commencé à avoir de temps en temps des douleurs lombaires, comme une "barre" au bas du dos. J'ai lié ces douleurs à l'opération et aux séquelles de celle-ci. Cette barre apparaissait certains jours, d'autres pas. Physio, massages, gymnastique posturale, stretching, rien n'y faisait. Parfois les douleurs étaient fortes, parfois elles étaient lancinantes. J'ai appris tous les gestes, toutes les postures correctes à adopter pour soulager mon dos et malgré cela, les douleurs ne disparaissaient pas. Jusqu'à fin 2008, on va dire que c'était gérable, avec des jours sans douleurs.

J'ai appris à les connaitre, ces douleurs. Musculaires. Je pensais alors que ces "inflammations" protégeaient mon dos, comme lorsque l'on tombe dans les pommes. Le seul médicament qui soulageait un peu mes douleurs était l'Aspégic 1000. L'aspirine décontractait simplement mes muscles. J'ai consommé quelques boites.

A partir de 2009, sans qu'il ne se soit passé quelque chose par rapport à mon dos, les douleurs se sont faites plus fréquentes et plus handicapantes. Quotidiennes. Les médecins ont fait de nouveaux examens, radios, IRM, rien de bien net n'apparaissait. En gros, je devais vivre avec cela et faire en sorte de me soulager le plus possible. Avec des jumeaux qui venaient de naitre, facile à dire ! Je devais me coucher après avoir été faire les courses et avoir porté deux sacs de la voiture à la maison. Déprimant et stressant de se sentir aussi "inutile" à 35 ans déjà... Moi l'amateur de football, de concerts, je ne trouvais plus de plaisir à me rendre dans un stade ou dans un salle, car je stressais avant par peur d'avoir mal au dos et inévitablement, celles-ci apparaissaient, plus ou moins fortement durant le match, le spectacle. Debout ou assis, c'était du pareil au même. A partir de 2010, je peux compter mes sorties sur les doigts d'une main, je pense. Je n'osais plus m'éloigner de chez moi, partir en week-end, car je ne savais pas si à un moment je ne devais pas avoir à m'allonger pour me calmer les douleurs.

A partir de mai 2011, le médecin m'envoie chez un ostéopathe dont l'approche globale de mon problème me plait. Il prend en compte mes antécédents (football, opérations aux genoux, scoliose...), ma taille (1m92), les influences extérieurs (stress...) et il est le premier à évoquer mon alimentation comme un facteur pouvant entrer en ligne de compte.

Début août 2011, j'ai soudainement de fortes douleurs au bas du ventre surtout le matin, accompagnées de diarrhées. J'en parle à ma sœur qui évoque son intolérance au lactose : "T'as qu'à essayer d'arrêter les produits laitiers pendant quelques jours, ça ne peut pas te faire de mal et tu verras bien si ça vient de là.". On était un jeudi matin et j'arrête illico les produits laitiers.

Le samedi matin, je me lève sans avoir mal au ventre, ni au dos. Content. Ma femme et les enfants étant de sortie, je vais faire les courses seul. En rentrant, je suis surpris de constater que je n'ai pas mal au dos. Étrange. Je me lance dans le nettoyage de la maison, je range, passe l'aspirateur. Debout, agenouillé, plié, je n'ai toujours pas mal au dos. J'exagère même et parviens quand même à "obtenir" une petite douleur. Mais pas la même, rien à voir.

JE REVIS SOUDAIN !!

Dès lors, je ne consomme plus de produits laitiers traditionnels, ma sœur me fait découvrir les gammes de produits laitiers sans lactose de la Coop (Free From) et de la Migros (Aha). Elle me conseille également un médicament à prendre avant de manger des produits contenant du lactose (Lacdigest). Je vais quand même voir son gastroentérologue qui... est ravi que je n'ai plus mal au dos ! Il confirme néanmoins une possible "connexion" entre l'intolérance au lactose et les douleurs musculaires. Mon ostéopathe, heureux lui aussi, me dit qu'il n'est pas utile d'en parler aux médecins qui m'ont suivi car ils n'y croiraient pas. Fantastique médecine...

Je ne suis pas médecin et je ne peux pas précisément expliquer le rapport entre le lait et mes douleurs dorsales. Je ne suis pas complètement intolérant au lactose, il doit me rester quelques enzymes pour faire une partie du boulot. J'ai souvent été sujet à des crampes lorsque je jouais au foot. Cela m'arrive encore parfois en VTT. A l'effort, la crampe provient d'une surcharge de calcium lié à la perte de sodium (sudation). Est-ce que cet équilibre calcium-sodium était toujours limite chez moi ? Le fait est que je ne bois pas beaucoup au quotidien. Pas le litre et demi recommandé en tout cas. Par contre, je prenais toujours mon bol de lait le matin. Et "m'intoxiquais". Je ne vois que la conjoncture de trois facteurs, une mauvaise coïncidence entre la hernie discale, l'intolérance au lactose et ma sensibilité aux crampes.

J'écris ce post en novembre 2011. Cela fait donc un peu plus de trois mois que je n'ai plus mal au dos, que je n'ai pas pris un Aspegic, que je peux à nouveau courir avec mes enfants et jouer avec eux sans avec l'air d'un grand-père. Je suis parti en week-end avec des copains sans angoisse, je suis allé voir deux matches de hockey et un concert. Comme avant.

Aussi, aujourd'hui, lorsque quelqu'un me dit qu'il a souvent mal au dos, je commence par lui demander s'il consomme beaucoup de produits laitiers.